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La Fondation Béati exprime sa pleine et entière solidarité solidarité envers les organismes communautaires à travers le Québec, qui se mobilisent actuellement dans le cadre du mouvement « Le communautaire à boutte! » dans un contexte de sous-financement chronique et de pressions structurelles accrues sur le filet social.

Jour après jour, ces organismes maintiennent un filet social essentiel, souvent avec des ressources insuffisantes. Et d’année en année, les besoins augmentent, les équipes s’épuisent, et les perspectives d’amélioration demeurent incertaines. La mobilisation actuelle, incluant la grève annoncée du 23 mars au 2 avril, témoigne d’une situation intenable.

Nous reconnaissons que notre société repose largement sur la force, l’expertise et l’engagement du milieu communautaire. Dans un contexte où l’État se désengage de ses responsabilités sociales et reporte une pression croissante sur le milieu communautaire, il est d’autant plus indispensable de rappeler que le financement adéquat, la reconnaissance et la pérennité du communautaire relèvent d’abord et avant tout de la responsabilité de l’État.

Comme Fondation, nous refusons de nous substituer à ce rôle, tout en reconnaissant notre responsabilité d’agir de manière cohérente et engagée. Cela implique notamment de :

  • Renforcer notre soutien au financement sans restriction, pour permettre aux organismes de déployer leur action selon leurs priorités ;
  • Alléger les exigences administratives et les mécanismes de reddition de comptes, afin que les ressources soient consacrées là où elles ont le plus d’impact ;
  • Reconnaître pleinement l’autonomie des organismes et leur expertise ancrée dans les réalités des communautés ;
  • Contribuer, à notre échelle, à des conditions plus justes et soutenables pour celles et ceux qui portent ce travail essentiel.

Nous reconnaissons pleinement et appuyons les revendications portées par le mouvement : des conditions de travail décentes, un financement suffisant et stable, une reconnaissance pleine et entière, ainsi que la protection de l’autonomie du communautaire.

Nous réitérons notre engagement à nous tenir activement et durablement aux côtés du milieu communautaire en assumant pleinement notre rôle et nos responsabilités.

Parce qu’un filet social solide ne peut reposer sur l’épuisement de celles et ceux qui le portent.

Pour soutenir le mouvement ou se mobiliser : https://aboutte.info/

Depuis des décennies, le milieu communautaire autonome québécois soutient notre société avec une constance et un engagement d’une profondeur remarquable. Ces organismes, essentiels à la cohésion sociale du Québec, sont pourtant grugés par des années de sous-financement. Dans le contexte actuel de polycrises – sociale, climatique, économique, démocratique – leur rôle est plus vital que jamais. 

En tant qu’actrice du secteur philanthropique, La Fondation Béati croit que la philanthropie peut jouer un rôle complémentaire important en soutien aux groupes et à leurs missions, mais elle ne peut, ni ne doit, se substituer à la responsabilité fondamentale de l’État. Pour assurer des conditions de vie dignes et une démocratie en santé, c’est aux gouvernements que revient le devoir d’investir de manière durable et structurante dans la société civile. 

Aujourd’hui, des milliers de groupes communautaires se mobilisent : 

Pour un financement adéquat et à la mission 

Les organismes demandent un financement global suffisant, à la hauteur des besoins réels et non conditionné par des logiques de performance. Ils ne peuvent être considérés comme des sous-traitants : leur rôle collectif dépasse largement la simple prestation de services. 

Pour l’autonomie des groupes 

Les organismes doivent pouvoir défendre des droits, contester lorsque nécessaire et agir librement aux côtés des communautés en quête d’équité. Cette autonomie est non-négociable. 

Pour un filet social solide 

Dans un contexte d’érosion des services publics, de crise du logement, d’inégalités croissantes et de crise climatique, les mouvements sociaux — communautaire, syndical, étudiant, écologiste et citoyen — restent un moteur essentiel de solidarité et de changement. 

Pour une démocratie vivante 

Une démocratie en santé a besoin de contre-pouvoirs forts. Affaiblir les voix citoyennes, les groupes de défense de droits ou les organisations communautaires fragilise notre capacité collective à orienter nos choix de société. 

La responsabilité de répondre aux besoins de la population incombe d’abord à celles et ceux qui sont élu·es pour la servir. La résilience des groupes ne peut pas remplacer des politiques publiques justes. Les organismes portent plus que leur part de responsabilité.  

Comme Fondation, nous réaffirmons notre soutien aux groupes communautaires qui, jour après jour, travaillent à renforcer les liens sociaux, à défendre les droits et à accompagner des populations directement touchées par les crises que nous traversons.  

Ce samedi 29 novembre 2025, le Québec se mobilise pour nos droits, la Fondation Béati, sera présente aux côtés des communautés en action.  

Nous le devons à l’histoire que nous portons, aux communautés qui résistent et innovent, et à la société que nous souhaitons construire. 

La fondation réitère son engagement en tant qu’investisseur responsable, suite aux mobilisations étudiantes mondiales, notamment devant l’Université McGill. La fondation réaffirme l’importance de réévaluer les pratiques d’investissement pour qu’elles soient en accord avec ses principes éthiques, en particulier dans le contexte Israël/Palestine. Elle renforce également son soutien à la liberté d’expression et au droit de manifester, rappelant que la vigilance et la résistance sont cruciales face aux menaces croissantes contre ces droits fondamentaux pour maintenir une démocratie robuste et assurer une paix durable fondée sur la justice.

Déclaration | Solidarité de la Fondation Béati envers les travailleuses et travailleurs du secteur public en grève au QuébecComme organisation philanthropique dédiée à soutenir les organisations qui luttent contre les inégalités sociales au Québec, Béati souhaite exprimer sa solidarité la plus profonde envers les 570 000 travailleuses et travailleurs du secteur public actuellement en grève à travers le Québec. Ce mouvement historique, porté par le Front commun et d’autres syndicats, regroupe une majorité de femmes (450 000 sur 570 000), soulignant l’importance de ce combat dans la lutte pour l’égalité des genres.

Communiqué émis par la Fondation Béati sur sa prise de position par rapport au projet de Loi 21 (PDF – 210 Ko).