Annonce Béati Les revendications étudiantes et l’avenir de nos jeunes Fondation Beati novembre 5, 2026 4 mins lu / Nouvelles / Annonce Béati / Les revendications étudiantes et l’avenir de nos jeunes Au Québec, des associations étudiantes appellent à la grève et à la mobilisation du 9 au 13 novembre. Elles revendiquent notamment une réforme de l’aide financière aux études (AFE) tenant compte du coût réel de la vie, ainsi qu’un réinvestissement public dans l’enseignement supérieur, les services à la communauté étudiante et les conditions d’apprentissage, afin de renforcer l’accessibilité et la qualité de l’éducation. Ces revendications font écho à celles portées par des jeunes dans plusieurs régions du monde. Bien que les contextes et les formes de mobilisation diffèrent, elles soulèvent des préoccupations communes quant aux conditions nécessaires pour apprendre, vivre dignement et participer pleinement à la société, dans un contexte marqué par la précarité économique, les inégalités structurelles et les crises sociales et écologiques. Pour les personnes étudiantes qui vivent à l’intersection de plusieurs formes de précarité et de discrimination, ces obstacles se cumulent et compromettent davantage la possibilité de poursuivre des études et de se projeter dans l’avenir. Dans nos activités philanthropiques, nous observons que des établissements d’enseignement sollicitent de plus en plus les ressources privées pour répondre à différents besoins, parfois liés aux conditions mêmes d’apprentissage et d’accès à l’éducation. Cette réalité nous invite à questionner la place croissante que peut prendre la philanthropie dans le financement de besoins qui relèvent d’abord de la responsabilité publique. La philanthropie peut contribuer à renforcer les capacités collectives et à soutenir des initiatives complémentaires, mais elle ne saurait pallier durablement les insuffisances du financement public ni se substituer aux responsabilités de l’État. L’accessibilité à une éducation de qualité et les conditions matérielles nécessaires à la poursuite des études doivent demeurer au cœur des priorités publiques. La mobilisation étudiante rappelle que la démocratie ne se limite pas aux élections. Elle repose également sur la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique, la liberté d’association et la possibilité de contester collectivement les orientations qui façonnent notre société. Les débats entourant les moyens de mobilisation ne doivent pas occulter les revendications de fond. Il appartient aux institutions publiques d’assurer des espaces de dialogue accessibles et significatifs, de reconnaître la légitimité de la participation étudiante et d’apporter des réponses concrètes et structurelles aux enjeux soulevés. Le désaccord et la contestation pacifique font partie de la vie démocratique et ne sauraient, à eux seuls, justifier l’exclusion des personnes mobilisées du dialogue public. En tant que Fondation engagée pour la justice sociale et environnementale, nous exprimons notre solidarité avec les personnes étudiantes mobilisées pour une éducation plus accessible, des conditions d’études dignes et un financement public à la hauteur des besoins. Sans nous substituer à la parole des personnes étudiantes, nous souhaitons contribuer à ce que leurs revendications soient pleinement reconnues, prises au sérieux et entendues comme des enjeux de société qui appellent des réponses concrètes et à la hauteur de notre responsabilité collective. Les personnes étudiantes ne sont pas seulement les citoyennes et citoyens de demain. Elles participent déjà à la vie démocratique et doivent pouvoir contribuer aux décisions qui concernent leurs conditions de vie et d’apprentissage. Une société plus juste ne se construit pas en demandant à sa jeunesse d’attendre son tour, mais en reconnaissant dès aujourd’hui ses droits, sa parole et sa capacité d’action collective. Partager cet article